Petit gibier : pas d’impacts concrets pour les chasseurs
Ernie Wells en discute avec la biologiste Édith Cadieux
Même avec un nouveau Plan de gestion du petit gibier, appliqué en 2026, l’ensemble des chasseurs ne subira peu ou pas d’impact pour la pratique de leur activité.
Notons que le plan couvre la gestion durable de la gélinotte huppée, du tétras du Canada et du lièvre d’Amérique.
« Un plan de gestion est un document stratégique qui sert à cibler des décisions de gestion et des actions au niveau des espèces. Ces actions portent sur l’état des populations, afin d’encadrer les activités vers un objectif de mise en valeur durable des petits gibiers, et les retombées économiques qui y sont associées », explique Édith Cadieux, biologiste et cheffe de la division de la gestion de la faune, au ministère québécois de la Faune.
En entrevue dans le cadre de l’émission radio et du balado « Rendez-Vous Nature », la scientifique indique que l’enjeu majeur est d’évaluer l’état des populations.
Les inventaires des densités de populations n’existent pas, et sont impossibles à réaliser. Ce qui rend la tâche encore plus difficile, voire impossible.
« L’abondance des populations de petits gibiers varient beaucoup dans le temps. Le suivi est basé sur des indicateurs, mais il devient difficile de statuer sur le nombre de petits gibiers au kilomètre carré », estime la spécialiste.
D’où l’importance des chasseurs de collaborer avec les gestionnaires fauniques des territoires comme les zecs, réserves et pourvoiries, notamment. Parmi ces indicateurs, les déclarations des prises des chasseurs.
« Notre principale donnée provient, depuis plusieurs années, des rapports des statistiques de récolte fournis par les territoires fauniques structurés. Ces indicateurs sont suivis annuellement afin de voir la tendance des populations. Notre principale difficulté se situe toutefois dans le sud du Québec où il n’y a pas de territoires fauniques organisés. Mais les observations des ornithologues nous permettent de faire un portrait de l’état des populations ».
Collaboration des chasseurs
La scientifique Cadieux n’exclut pas la possibilité de recourir à la collaboration des chasseurs et de la Fédération des chasseurs et pêcheurs du Québec, comme ce fut le cas en Gaspésie pendant 20 ans, afin de récolter des pièces anatomiques des perdrix, qui sont des éléments essentiels au suivi des populations.
« C’est d’ailleurs une action prioritaire du nouveau Plan de gestion, que d’évaluer les approches qui nous permettraient d’améliorer notre suivi des populations, comment on peut les mettre en place et comment on peut les déployer. Ça se fait dans des états américains ».
Les chasseurs de petits gibiers verront peu ou pas de changements dans leurs activités dès l’automne 2026, sauf dans sept zones du Sud du Québec, où le début de la saison de la chasse est reculé.
« Il n’y aura pas d’impacts concrets pour l’ensemble des chasseurs. Pour la plupart d’entre eux, ils vont continuer de chasser avec les mêmes modalités, en espérant que le petit gibier soit au rendez-vous et qu’ils connaissent une belle période de chasse la saison prochaine », souhaite Mme Cadieux.
Essentiellement, les principales nouveautés concernent l’harmonie des dates de chasse. La chasse de la perdrix grise sera permise dans la zone 8. Le permis spécifique pour la chasse du petit gibier à l’aide d’un oiseau de proie est aboli.
Cette activité sera maintenant autorisée par le permis de chasse au petit gibier. Aussi, l’attestation de réussite de la formation sur la chasse au dindon sauvage ne sera plus obligatoire. Il suffira de posséder un Certificat du chasseur pour obtenir son permis de chasse du dindon.
On peut entendre et réentendre cette entrevue avec Édith Cadieux, biologiste et cheffe de la division de la gestion de la faune, au ministère québécois de la Faune, en cliquant sur le lien ci-dessus.

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